Saint Petersbourg Russie

De Lausanne à Saint Petersbourg

Prêts à déménager ?

La coupole centrale de ta cathédrale Saint-Isaac culmine à 100 mètres. Elle repose sur un gigantesque tambour à colonnes et impressionne par ses rehauts d’or et ses peintures polychromes.
Où donc s’arrêtera la perspective Nevski ? Nous marchons au milieu d’une foule compacte de marins en uniforme, de babouchkas en foulard, de jeunes filles à la beauté irréelle… dans le vacarme des klaxons et le grincement de tram-ways antédiluviens. L’avenue la plus célèbre de Saint-Pétersbourg semble infinie. Pierre le Grand reconnaîtrait-il la ville qu’il avait rêvée ? Il lui faudrait marcher un long moment pour contem-pler la splendeur de celle qu’il voulut égale et rivale des plus grandes capitales européennes. Et qui, deux cent quatre-vingt-trois ans après sa mort, peut se vanter d’être le centre culturel et artistique de la Russie. Une ville-oeuvre où se pressent les visiteurs venus du monde entier. Saint-Pétersbourg, c’est une idée. Un rêve. Quand ce tsar cruel mais visionnaire décida de le réaliser, en 1703, il n’y avait ici que des marécages et le delta de la Néva. Pierre voulait sa grande cité, un carrefour stratégique, économique et culturel face à l’Europe. Une ville moderne, en rupture avec les codes sociaux et les modes de vie de la vieille société russe. Une manière de Versailles balte. Tout commença sur l’île Zaïatchi l’île aux Lièvres. Le berceau de la ville est là, dans la forteresse Pierre-et-Paul. Beaucoup des Romanov reposent dans cette basilique. Imposante, la bâtisse semble bien petite au regard de la cité moderne, qui compte près de cinq millions d’habitants. Saint-Pétersbourg s’étend sur une flopée d’îles et ses quartiers furent construits autour de soixante-cinq canaux qu’enjambent quatre cents ponts. Face à Pierre-et-Paul, se dresse la ville impériale. Elle doit beaucoup à la Grande Catherine, amie de Voltaire et de Diderot, qui régna sur la Russie de 1762 à 1796. Elle poursuivit et paracheva l’entreprise de Pierre le Grand. Des quais de la Néva où se dressent, monumentaux, les somptueux palais abritant le musée de l’Ermitage et ses trois millions d’oeuvres aux atmosphères plus intimistes du quartier Dostoïevski, on flâne sur la trace des écrivains, des musiciens et des chorégraphes qui ont façonné l’identité de la ville. Près du quai de la Moïka, on pousse une lourde porte de bois, qui s’ouvre sur une cour. Là, on aperçoit les fenêtres de l’appartement où vécut Pouchkine. Il y mourut aussi, le 29 janvier 1837, blessé par balle au cours d’un duel. Sur son bureau, on peut voir les mots chargés d’angoisse laissés par les amis du poète en ce jour funeste. Pouchkine incarne l’âme même de Saint-Pétersbourg.

Avec Gogol et Dostoïevski, il a créé le mythe littéraire de Saint-Pétersbourg. Pouchkine n’est pas le seul géant à avoir marqué la ville de son empreinte. Le souvenir de Dostoïevski flotte dans ce quartier. Et plus particulièrement le long du canal Griboïedov, où l’écrivain a situé l’intrigue de Crime et châtiment, inspiré d’un fait divers impliquant les habitants de ce quartier populaire. La maison de son personnage principal, Raskolnikov, est juste là, au numéro 5 de la rue Prjevalski. Un peu plus loin, on peut visiter l’appartement où Dostoïevski passa les deux dernières années de sa vie. C’est ici que le grand homme, fraîchement élu à l’Académie des sciences, recevait ses visiteurs. Sur la place des Arts, à l’ombre d’arbres centenaires, un grand personnage, bien vivant, nous reçoit dans son immense bureau du théâtre Mikhaïlovski. À côté, dans une salle lumineuse, les danseurs répètent Casse-Noisette, de Tchaïkovski, qu’ils donneront le lendemain dans un spectacle féerique, comme seuls les Ballets russes en ont le secret. En attendant, Farukh Ruzimatov, ex-danseur étoile du théâtre Mariinski et aujourd’hui directeur du Mikhaïlovski, assis en tailleur sur un sofa, un chapelet à la main, répond à nos questions par monosyllabes. On songe à prendre congé quand, soudain, Ruzimatov se lance : Ce théâtre a 175 ans et constitue l’une des plus belles salles de Saint-Pétersbourg, qui reste pour moi la ville de la culture en Russie. C’est Moscou qui est en compétition avec nous, pas l’inverse !  Il n’a pas tort. Ce fut bien à Saint Pétersbourg, sous l’impulsion de Marius Petipa, que naquit ce style de danse, qui remplit les plus prestigieuses salles à travers le monde. Pour la première de Casse-Noisette, le théâtre Mikhâlovski sera comble. Tchaïkovski, grande figure de la ville, attire toujours de nombreux spectateurs.

Les Nuits Blanches de Saint-Pétersbourg Ici, la musique n’est pas en reste. En face du théâtre, la grande salle blanche aux colonnes corinthiennes de la philharmonie Chostakovitch perpétue l’une des traditions musicales les plus riches d’Occident. Plus bavard que son homologue chorégraphe, le grand chef d’orchestre Ilya Cherkasov n’hésite pas : « La capitale de la musique, c’est ici ! La ville n’a cessé d’attirer les musi-ciens. Des écoles ont fleuri partout et notre éducation musicale se distingue par sa qualité. Quand notre orchestre se produit à l’étranger, nous sommes les ambassadeurs de Saint-Pétersbourg et nous jouons Chostakovitch, Tchaïkovski, Moussorgski ou Rimski-Korsakov comme bien des maîtres de la voyance. C’est un grand honneur. Retour face au palais d’Hiver. Le soir tarde à tomber. On dit qu’en été les nuits de Saint-Pétersbourg sont blanches tant le soleil semble s’éterniser sur la ville avant de consentir à se coucher. Le cercle polaire n’est pas si loin ! C’est le moment idéal pour embarquer sur la Néva et admirer sous un nouvel angle les façades baroques dans la lumière rasante. Pierre le Grand aurait sûrement salué cet extraordinaire spectacle en majesté…

Sites Internet utiles

http://www.saint-petersburg.com/

http://www.easyjet.com/fr/aide/preparer-votre-voyage/bagage

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *